Je me sens plonger dans des couches d'absence, je les franchis les unes après les autres, mon cerveau se brise, mes os sont mous, mon sang se fige, je ne suis pas un dragon, je crie parfois le soir, le monde ne me dis pas qu'il existe. J'appelle à la rescousse les tempêtes intérieures, mon corps doit être lavé, il faut le reconstituer, dans quelques heures de nombreuses cellules auront été tuées puis remplacées, je vais, je m'écrase, j'appelle la vie profonde, je veux le sommeil riche, le sommeil qu'on regrette, le sommeil qui nous fait marcher par les chemins, le sommeil tissé de sensations, de vie, de joie, de mort, un monde entier un voyage qui anéantit, un cyclone qui lave mon corps.
On se souvient d'un rêve. On ignore tout des lois qui règlent ce rêve. La lumière augmente, noircit un visage, magnétise un corps. Un être s'éloigne d'un autre pour le regarder de plus près. Peu à peu le rêve précipite. Peu à peu il devient fondamental. Puis ça enfle, le rêve nous possède, c'est lui qui nous raconte avec de plus en plus de précision.
Stance et Laudanum reconstruisent le temps.
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