Au lieu de faire de la mémoire l'obstacle numéro un, en faire une source de stimulation. Utiliser ses fluctuations. Amener ainsi les acteurs à avoir une sensation spatiale du texte. Construire une partition corporelle qui provienne directement des mouvements nécessaires pour trouver le texte, qui rendent compte du chemin emprunté par le cerveau pour accéder à ces rythmes, à ces sensations.
Nous ne sommes pas là pour instruire. Nous ne sommes pas là pour vous dire quelque chose, ni pour devenir des dieux. Au travers du jeu que nous mènerons, du jeu que vous mènerez face au nôtre, peut-être votre cerveau sera-t-il face à des situations fictives inconcevables, des récits impossibles, des tentatives inconnues. Peut-être, se laissant prendre au piège, les classera-t-il dans l'ordre du possible, peut-être leur donnera-t-il du sens. Peut-être prendra-il cette mauvaise habitude, de croire que l'inconcevable existe, qu'il peut exister. Peut-être alors exigerez-vous plus de la vie, de vos rêves, de vos relations. Peut-être choisirez-vous de réorienter votre regard. Peut-être que si une chose pareille a pu exister, ne serait-ce qu'en fiction, c'est que tout, et pas seulement l'amour, est à réinventer. Mais pour ça, on vous laisse libre, bien sûr. La suite, elle est à vous.
25 janvier 2009
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